Allemagne, combien je t’aime ? Notre sujet sur le niveau de vie en Allemagne
Le 26/02/2008 | par , dans « au quotidien »

De plus en plus de français se tournent vers l’Allemagne, en quête d’une vie moins chère, moins laborieuse, en l’espoir de ne pas avoir à faire des heures supp’ pour vivre dignement. Quelles qu’en soient les raisons, l’Allemagne est de fait plus recherchée, principalement parmis les étudiants mais aussi parmis les travailleurs, bref, tous ceux qui souhaitent profiter de la soi-disante mobilité de l’emploi promue par l’U.E. Reste à savoir où aller.
Quitte à prendre sur soi un déménagement transnational, autant savoir où habiter, pourquoi, et surtout : à quel prix ? Question finalement sous-jacente à toute intention migratoire…
Combien coûte la vie au-delà du Rhin ? Où mon loyer est-il le moins cher ? Où produits et services sont-ils les plus accessibles pour mon compte en banque ? En bref, l’angoisse omniprésente : Où est ce confort absolu, mon El Dorado personnel ?
Un pouvoir d’achat fédéralisé
La conjoncture économique allemande confirme depuis deux ans la politique de Mme. Merkel. En 2006, le taux de croissance avait atteint 3,6%, chiffre qui fait rougir Christine Lagarde et rêver Eric Woerth. De fait, les salaires furent augmentés et l’endettement allégé. Cependant, le revers de la médaille fait lentement son apparition : la puissance exportatrice a fait boomé l’Euro, et le boom de l’Euro fait chuter les exportations. On assiste à un regain de l’inflation, en nette hausse, aux alentours des 2,8%. Malgré cette tendance relativement négative, le ranking mondial de l’ECA sur le coût de la vie place l’Allemagne en dessous de la France (9ème), et du Royaume-Uni (10ème). L’Allemagne doit ce score à des nouveaux Länders à la traîne, que les efforts de Kohl et les larges subventions européennes n’ont pas su remettre entièrement à flot. Ce phénomène est appuyé par le Spiegel, magazine leader en politique et société. D’après celui-ci le salaire moyen est inférieur de 21% à l’Est, marge surdimensionnée compte tenu des investissements. Mais le deuxième constat est d’autant plus surprenant qu’il est révélateur : compte tenu des prix très bas, les Allemands de l’ex-RDA vivent souvent mieux que leurs congénères de l’Ouest. C’est là l’effet du salaire effectif (Reallohn), véritable déterminant du coût de la vie. Le pouvoir d’achat, en somme, qui est vivement à considérer dans l’interprétation des données suivantes.
Singularité allemande
Contrairement à la France, l’Allemagne est décentralisée, et l’équation Paris – Province ainsi peu applicable, de plus que le règne de la Ruhr et de la Bavière tend vers sa fin. Le pays est divisé en 16 Länders, dont 11 de l’ancienne RFA et 5 « nouveaux ». Chaque Land a une capitale. Berlin, Hambourg et Brême sont les cas singuliers des « Villes-Länders ». La division Est-Ouest, quoique encore pertinente, n’est pas, à l’image de Berlin, tout à fait généralisable. Le coût de la vie est soumis à quatre critères définis : le loyer, la consommation, les services et les transports.

Loyer
Premier souci du citoyen, le loyer est primordial. Le spectre allemand du coût du loyer est infiniment plus large qu’en France. Attention, certains chiffres peuvent choquer les habitués des loyers parisiens. 18, 87 €. Tel était, en 2005, le prix moyen de location du m² à Paris. En 2007, Düsseldorf, la ville la plus chère d’Allemagne en matière d’habitat, n’affichait que 7, 37 € le m². L’Allemagne est au Français un paradis immobilier. Même dans les villes les plus chères – Hambourg, Francfort, Munich et Dusseldorf – les loyers sont abordables. La Basse-Saxe, Brême, Berlin, la Sarre et le Schleswig-Holstein sont dans la moyenne. Là bas, les étudiants payent entre 240 € et 280 € de location mensuelle. La Saxe et Thuringe, à l’image d’Erfurt, sont les leaders incontestables. Là bas, un étudiant débourse à peine 200 € par mois pour vivre sous un toit hermétique, dans un lieu comfortable. À titre complémentaire : ces chiffres incluent les appartements « Altbau » – de construction ancienne – où les murs font 4 mètres de haut et où des ornements embellissent les plafonds. Histoire de faire oublier les demi-balcons parisiens.
Consommation
Les Alsaciens qui traversent deux fois par semaine la frontière pour faire leurs emplettes chez Schlecker se font de plus en plus nombreux. Ce phénomène tient du fait que les produits allemands sont plutôt bon marché. Ici, on ne connaît pas Carrefour, et le papier Clairefontaine, c’est du grand luxe. Ici, on dépense en moyenne 245 € pour nourriture, matériel d’apprentissage et culture. Les Länders Bade-Württemberg, Hambourg et Rhénanie du Nord – Westphalie sont les plus chers en matière de consommation. On y dépense respectivement 270, 274 et 268 € par mois. A l’autre bout, ce sont à nouveaux Thuringe et la Saxe, mais aussi la Saxe-Anhalt, le Mecklembourg-Poméranie et le Brandebourg où les Bratwurst sont les moins chères. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : les Kebabs berlinois ne coûtent que deux euros et sont bien meilleurs que leurs imitations françaises hors de prix.
Services
Parce que d’après le principe fédéraliste de la « Kulturhoheit » (souveraineté culturelle) des Länders l’État a le monopole relatif en matière sécurité sociale et télécommunication, les prix ne varient presque pas entre les Länders. Le recours à ce type de service coûte à peu près 120 € par mois, à part à Hambourg et Düsseldorf, où il atteint 140 €, et en Thuringe, où il descend à 100 €.
Transports
Le peu de différence entre le coût d’une voiture à Düsseldorf et à Dresde met d’autant plus en évidence le constat : la voiture n’est pas citadine. En effet, alors qu’un automobiliste allemand paye entre 125 et 145 € pour l’entretien de son bolide, l’utilisateur de transports en commun ne débourse que 30 à 35 € par mois pour ses déplacements. Berlin et Hambourg, lieux les moins chers pour les automobilistes (107 €), sont l’exception qui confirme la règle.
Pour le Spiegel, l’Est est le paradis des retraités et des étudiants. Ce n’est pas une mauvaise nouvelle tant les liens intergénérationnels sont à l’ordre du jour. Une chose est sûre : Thuringe, la Saxe et la Saxe-Anhalt offrent une vie très bon marché. Reste seulement à savoir si l’argent joue vraiment le rôle principal quand on ne sait quelle direction prendre.
Prix moyens en Euros, calculés pour le loyer, la consommation (nourriture, habillement,...), transports (voiture particulière, transport publics).
| Land | Loyer | Conso. | Serv. | Transport | Total |
| Bade-Wurtemberg | 270 | 270 | 120 | 128 – 34 | 788 – 694 |
| Basse Saxe | 250 | 250 | 120 | 125 – 34 | 745 – 654 |
| Bavière | 257 | 257 | 120 | 128 – 34 | 762 – 668 |
| Berlin | 283 | 260 | 120 | 107 – 35 | 770 – 698 |
| Brandebourg | 231 | 232 | 120 | 127 – 34 | 710 – 617 |
| Brême | 292 | 258 | 121 | 127 – 34 | 798 – 705 |
| Hambourg | 320 | 274 | 137 | 107 – 38 | 838 – 769 |
| Hesse | 281 | 256 | 120 | 125 – 36 | 782 – 693 |
| Mecklembourg Pom. | 215 | 218 | 120 | 127 – 34 | 680 – 587 |
| Rhénanie d. N. West | 270 | 259 | 130 | 131 – 30 | 790 – 689 |
| Rhénanie Palatinat | 263 | 258 | 120 | 127 – 34 | 768 – 675 |
| Sarre | 245 | 259 | 121 | 127 – 34 | 752 – 659 |
| Saxe | 205 | 217 | 121 | 127 – 34 | 670 – 577 |
| Saxe-Anhalt | 215 | 218 | 121 | 127 – 34 | 681 – 588 |
| Schleswig Holstein | 264 | 259 | 121 | 127 – 34 | 771 – 678 |
| Thuringe | 195 | 217 | 100 | 130 – 33 | 642 – 549 |
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