Les sorties cinés de l'automne 2008

Le 23/08/2008 |  par Romain,  dans « culture »

Ce sont deux films qui sont très très attendus en Allemagne: “Bienvenue chez les cht’is” d’abord, car il reste quelques Francais qui n’ont pas eu l’occasion de voir LA comédie de l’année qui aura inscrit un nouveau record au box-office de l’Hexagone. Et puis “Faubourg 36”, qui s’inscrit dans la suite des “Choristes”, film qui a été un “hit” en Allemagne comme en France (8.5 millions d’entrées). On vous invite également à découvrir d’autres perles pas moins intéressantes: “Le Silence de Lorna”, “Rumba”, “Il y a longtemps que je t’aime” en attendant la co-production franco-allemande “Clara – vom Klang der Liebe” qui sortira le 4 décembre.


Le Silence de Lorna

en salle le 9 octobre

Pour devenir propriétaire d’un snack avec son amoureux Sokol, Lorna, jeune femme albanaise vivant en Belgique, est devenue la complice de la machination de Fabio, un homme du milieu. Fabio lui a organisé un faux mariage avec Claudy pour qu’elle obtienne la nationalité belge et épouse ensuite un mafieux russe prêt à payer beaucoup pour devenir belge. Pour que ce deuxième mariage se fasse rapidement, Fabio a prévu de tuer Claudy. Lorna gardera-t-elle le silence ?

Les Frères Dardenne, habitués du festival de Cannes et des récompenses à ce même festival, Le silence de Lorna n’a pas échappé à la règle cette année en décrochant un prix inédit pour le duo belge, le prix du scénario. Et c’est vrai que ce scénario est très bien construit et aborde plusieurs thèmes importants avec justesse (l’amour, la folie, l’addiction, le mariage blanc). Mais disons-le tout de suite, le film aurait très bien pu repartir avec le prix de la meilleure actrice pour Arta Dobroshi. On croit immédiatement à son personnage, à sa vie d’ex-immigrée. Elle s’approprie le film comme elle s’approprie la nationalité belge. Mais en plus, elle fait flotter une douceur qui fait du bien au milieu de tous ses drames. À ses côtés, Jérémie Renier, malheureusement trop vite évincé, et Fabrizio Rongione, des habitués chez les Dardenne, sont aussi très à leur aise.


Bienvenue chez les ch’tis (Willkommen bei den Sch’tis)

en salle le 30 octobre

Vous aurez remarqué la finesse de la traduction “ch’ti” en allemand ;-) Bienvenue Chez Les Ch’Tis est détenteur en France du record d’entrées pour une oeuvre en langue française. Il a enregistré 20.3 millions d’entrées (au 19 août) depuis sa sortie le 20 février dans le Nord-Pas-de-Calais. Il ne battra cependant pas Titanic (1998), plus gros succès de fréquentation des salles obscures dans l’hexagone. Comme le DVD sort au même moment en France, on vous conseille presque de le voir en allemand, pour voir comment les multiples finesses ch’tis ont pu trouver un sens dans la langue de Goethe…

L’histoire: Philippe Abrams est directeur de la poste de Salon-de-Provence. Il est marié à Julie, dont le caractère dépressif lui rend la vie impossible. Pour lui faire plaisir, Philippe fraude afin d’obtenir une mutation sur la Côte d’Azur. Mais il est démasqué : il sera muté à Bergues, petite ville du Nord.

Pour les Abrams, sudistes pleins de préjugés, le Nord c’est l’horreur, une région glacée, peuplée d’êtres rustres, éructant un langage incompréhensible, le « cheutimi ». Philippe ira seul. A sa grande surprise, il découvre un endroit charmant, une équipe chaleureuse, des gens accueillants, et se fait un ami : Antoine, le facteur et le carillonneur du village, à la mère possessive et aux amours contrariées. Quand Philippe revient à Salon, Julie refuse de croire qu’il se plait dans le Nord. Elle pense même qu’il lui ment pour la ménager. Pour la satisfaire et se simplifier la vie, Philippe lui fait croire qu’en effet, il vit un enfer à Bergues.

Dès lors, sa vie s’enfonce dans un mensonge confortable : quinze jours durant, il s’éclate dans le Nord en compagnie d’Antoine, et un week-end sur deux, il se fait choyer par sa femme qui surmonte peu à peu sa dépression. Tout va bien, jusqu’au jour où Julie décide de rejoindre Philippe à Bergues pour mieux l’aider à traverser ce qu’elle croit être une épreuve. Philippe est obligé d’avouer à Antoine et son équipe qu’il les a décrits comme des barbares à son épouse. Il les supplie de se comporter comme tels pour couvrir son mensonge et effrayer Julie afin qu’elle reparte très vite. De mauvaise grâce, les employés de Philippe se prêtent à la mascarade et font passer à Julie le pire séjour de sa vie.

Mais Julie découvre la supercherie…

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Rumba

en salle le 6 novembre

Une véritable petite merveille !

Fiona et Dom sont instituteurs dans une école de campagne. Ils partagent une passion pour la danse latino et sont très amoureux. Ces deux êtres ne semblent pas faits pour la rumba, à première vue. Et pourtant, ils nous entraînent dans une danse d’exception et pleine de coeur. Ils dansent la rumba dans les concours régionaux, jusqu’au jour où un accident vient bouleverser leur vie. Avant que la tragédie arrive, on est conquis dès la première chorégraphie, dans un gymnase digne de ce nom. On restera sous le charme jusqu’au bout…

Les numéros de danse sont drôles et inventifs mais ce couple touchant fait de Rumba une véritable petite merveille. On pense à Tati, dans cette superbe scène finale sur une plage de galets, mais aussi à Chaplin, pour la poésie, et tout ces maîtres du burlesque. Le film est quasiment muet, et pourtant, les comédiens nous embarquent dans leurs aventures et captive le spectateur sans jamais provoquer de rire moqueur. Les tableaux successifs, composés de couleurs kitch, nous emmènent sur les bords de Manche qui constituent un cadre idéal. C’est bien joué, drôle, fin. Bref, vous l’aurez compris, gros coup de cœur pour le trio Abel-Gordon-Romy, qui nous redonne foi en un cinéma qui se fait de plus en plus rare.

Stéphane Canot

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Il y a longtemps que je t’aime (So viele Jahre liebe ich Dich)

en salle le 13 novembre

L’histoire: Pendant 15 années, Juliette n’a eu aucun lien avec sa famille qui l’avait rejetée. Alors que la vie les a violemment séparées, elle retrouve sa jeune sœur, Léa, qui l’accueille chez elle, auprès de son mari Luc, du père de celui-ci et de leurs fillettes.

Il y longtemps qu’on l’aime, et elle est aujourd’hui à l’affiche du premier film de Philippe Claudel Il y a longtemps que je t’aime: la charmante Elsa Zylberstein. Philippe Claudel parle dans ce nouveau film de drame, d’espoir, d’amour, des liens du sang. Ici l’amour fraternel entre deux soeurs est plus fort que tout, les souvenirs reviennent et l’enfance resurgit.

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Faubourg 36 (Paris, Paris! Monsieur Pigoil auf dem Weg zum Glück)

en salle le 27 novembre

Il le savait, on l’attendait au tournant. Quatre ans après avoir connu le succès pour Les Choristes, il lui était INTERDIT de refaire un film avec de la musique, des chansons et Gérard Jugnot. Mais voilà, Christophe Barratier reprend les mêmes et récidive. Et contre toute attente (et notre mauvaise foi), il a bien fait, en mieux.

Cette fois, il nous conte la belle et grande histoire du Faubourg 36 dans un Paris des années 1930. Entre la comédie musicale et la comédie dramatique, il dépeint un Paris, pas tout à fait réel, pas tout à fait imaginaire. On pense forcément au Moulin Rouge de Baz Luhrman mais, au lieu d’opter pour une caméra tournoyante et un montage hystérique, Christophe Barratier préfère le plan travaillé, la caméra sur pieds. Car ce qui interpelle en premier lieu, c’est la beauté visuelle, saisissante dès le premier plan-séquence qui n’est pas sans rappeler la cultissime entrée d’Henry Hill au Copacabana dans Les Affranchis du maître Scorsese. Barratier passe du travelling sur rails à de longs plans fixes, du plan très large sur le faubourg au très gros plan sur les visages, le tout avec une impression de fluidité surprenante. De beaux plans, donc, mis en lumière par Tom Stern, le chef opérateur de Clint Eastwood. Ça se passe de mots.

Côté casting, on n’y croyait guère (encore la mauvaise foi). Outre un Jugnot un peu trop tire larme, un peu trop franchouillard, les acteurs sont irréprochables. Oui, Kad, Clovis et Gérard poussent la chansonnette et s’en sortent plutôt pas mal. Citer tous les bons seconds rôles vivant au Faubourg 36 serait trop long mais signalons tout de même que Pierre Richard est tout simplement excellent. Côté musical, encore une fois, aucun faux-pas. Barratier s’immisce dans l’univers du music-hall mettant aux commandes Reinhardt Wagner et Frank Thomas. Deux auteurs extravagants qui signent les chansons et les airs d’accordéons. Prenez note, l’unique figure féminine, Nora Arnezeder est une actrice à suivre.

C’est indéniable, le Faubourg ressemble aux Choristes. On y retrouve les bons sentiments, la relation père-fils, les vertus de l’amitié, la rédemption par la musique… Mais ce conte humaniste est porté par une énergie visuelle qui donne au film un côté euphorisant dont il serait dommage de se priver.

Mathilde Grosjean

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