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Edito Décembre 2011

Sinueuse « règle d’or »

Il la voulait, Il l’aura. Pugnace, le président Français avait pourtant déjà tenté, menaçant d’abord d’une une loi constitutionnelle, puis de différents dispositifs juridiques byzantins, d’imposer la « Règle d’or ». Las et malheureux, il avait dû capituler : ce dispositif contraignant – au moins dans les textes – de réduction des déficits et de retour à l’équilibre budgétaire n’avait pas résisté à la conquête du Sénat par la gauche.

C’était sans compter sur l’appui de nos amis Allemands. Paris et Berlin ont, en effet, annoncé parmi les propositions de l’accord du 5 décembre dernier l’adoption d’une “règle d’or renforcée et harmonisée au niveau européen”, que les pays de la zone euro s’engageraient à appliquer. Cet accord, qui devrait être voté en mars, verrait cette règle garantie par la Cour européenne de Justice : en cas de violation, des sanctions frapperont les pays considérés comme trop déficitaires.

Derrière l’anecdote, l’adoption de cette règle, de conserve avec l’Allemagne, apparaît comme un bon révélateur des nouvelles relations qui s’instaurent entre nos deux pays, de moins en moins centrées sur la question d’amitié entre les peuples – la Seconde Guerre Mondiale est désormais bien loin – mais sur les questions économiques. L’Allemagne tourne ainsi un regard légèrement torve vers l’Hexagone qu’elle n’est pas loin d’accuser de plomber son économie. Le problème pour l’Allemagne, en effet, c’est de ne plus pouvoir préserver sa compétitivité, au sein du complexe européen, sans s’assurer de la solvabilité de ses partenaires et, en premier lieu, de son voisin français, profondément endetté.

Egoïste ou pas, l’Allemagne fait désormais preuve sur ces questions d’une fermeté qu’on lui a rarement connue. Ce qui n’est pas sans provoquer l’ire de certains politiciens Français et la résurgence d’un discours aux relents volontiers « germanophobes », à l’exemple de celui du candidat malheureux à la primaire socialiste, Arnaud Montebourg, qui n’a pas hésité à déclarer récemment que « notre ruine [faisait] la fortune de l’Allemagne. »

Ce type d’éruptions xénophobes, à mettre sur le compte de l’orgueil blessé d’une nation habituée à patronner l’Europe, ne sont évidemnent pas du meilleur augure quant au développement futur des relations franco-allemandes et doivent être fermement combattues. Oui, l’Allemagne n’est plus un « nain » diplomatique, mais rallumer aveuglement la flamme des haines ancestrales ne fera progresser personne. Et surtout pas la France.