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Delfin 4 : un test de langue en Allemagne pour les enfants de quatre ans

Pour relever les compétences linguistiques de ses petits citoyens de quatre ans, un test de langue obligatoire a été introduit par le gouvernement de Rhénanie-du-Nord-Westphalie en 2007.

Delfin signifie : diagnostic, coopération parentale (Elternarbeit), développement de la compétence de langue (Förderung der Sprachkompetenz) des enfants de quatre ans en NRW. Cette initiative a pour but de détecter des retardements dans le développement des capacités linguistiques ainsi que de découvrir tôt des sources de futures faiblesses comme la dyslexie pour y remédier avant que l’enfant ne soit scolarisé.

Le déroulement du test

Le test consiste en deux phases :

La première est obligatoire pour tout enfant. Il se déroule en groupes de quatre enfants et dure environ 25 minutes. Pour éviter le stress et captiver l’intérêt et l’attention de l’enfant ainsi assurant sa concentration, il est conçu comme un jeu de table. Une éducatrice anime le jeu alors qu’une institutrice observe les réactions et les réponses des enfants les notant sur une feuille préparée. Le test qui a pour sujet “une visite dans le zoo” est divisé en quatre parties. La première tâche, la reproduction de phrases justes et de phrases sans sens sémantique, exige une certaine compréhension des structures grammaticales. Pour mémoriser et reproduire des phrases longues ou des phrases absurdes sans cohérence sémantique entre les mots (comme : « Wenn die Tür weint, kriecht sie in den Tag »), il faut saisir la structure grammaticale sous-jacente.

Dans la deuxième partie, il s’agit de reproduire des mots artificiels. L’enfant doit prononcer des noms inventés pour une girafe dans le jeu. Ce qui est testé ici, c’est la capacité de reconnaître des unités plus petites du mot allemand : les syllabes, les différents sons, l’accentuation.

Dans la troisième partie, l’enfant doit suivre des instructions. Il lui est demandé de montrer des motifs sur le plan du jeu ou de faire des mouvements avec un pion. On veut découvrir ici si l’enfant est capable de comprendre des instructions complexes selon lesquelles il doit agir.

Enfin, dans la dernière partie, l’enfant doit raconter une histoire illustrée. On évalue ici la capacité de l’enfant à créer un imaginaire commun avec son interlocuteur, de comprendre l’évolution de l’intrigue et de marquer ses points centraux : le début, l’apogée et le dénouement. Contrairement à un enfant de deux ou trois ans qui ne voit que les images séparées sans les lier, l’enfant de quatre ans est censé saisir l’histoire comme un tout et la raconter de façon linéaire.

Si l’enfant ne réussit pas ce test et que l’on découvre une compétence linguistique insuffisante comparée aux autres enfants de son âge, il passe un second test qui, ne se déroulant plus en groupe, mais en conversation personnelle, sert à détecter le problème individuel de l’enfant. En général, les exercices ressemblent à ceux de la première phase. On relève l’ampleur du vocabulaire de l’enfant, la connaissance de signification des mots, la mémoire à court terme, mais aussi les capacités morphosyntaxiques comme former le pluriel ou comprendre des phrases à plusieurs mots. On réexamine aussi les compétences communicatives de l’enfant en le faisant raconter une histoire.

Si les soupçons d’une faiblesse ou d’une difficulté se confirment, l’enfant doit obligatoirement suivre des cours supplémentaires dans un jardin d’enfants.

Les critiques

Au vu de l’ampleur du déficit des compétences linguistiques des enfants de quatre ans que le test a relevé, il a été critiqué massivement : “Il surcharge les enfants, surtout ceux qui sont issus de l’immigration et qui ne commence qu’à apprendre l’allemand”, disent les éducatrices ; “Le test présente une rechute dans une pédagogie autoritaire qui réduit l’enfant à un objet de recherche”, se plaigne Bernhard Eibeck du GEW, syndicat de l’éducation et des sciences dans Focus Online, “La situation du jeu est artificielle, elle intimide les enfants.”

Néanmoins, le gouvernement pense avoir fait un pas important, surtout pour les enfants des immigrés : “Le test présente d’abord une chance. Le but, c’est que chaque enfant sache parler allemand quand il est scolarisé”, défend Barbara Sommer, ministre de l’éducation qui veut dépenser 350 € par an pour chaque enfant aidé par le programme.

Sources :

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