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Enfant et carrière ? C’est possible !

Être mère et travailler, ce qui est normal depuis longtemps en France, ne l’est pas encore vraiment en Allemagne. Plus de 10 millions d’Allemandes restent à la maison pour s’occuper des enfants et de leur foyer.

Un chiffre élevé, comparé aux deux millions de femmes au foyer en France. Pourtant, grâce aux aides gouvernementales et l’instauration d’une nouvelle politique familiale, le retour au travail pour les femmes est devenu plus facile en Allemagne.

Le concept de l’Elternzeit prévoit qu’un des deux parents peut rester à la maison pour une période déterminée de un à deux ans et recevoir un certain pourcentage de son salaire antérieur. Celui qui bénéficie de l’Elternzeit ne peut pas être licencié. L’Elternzeit protège l’emploi et encourage un retour au travail. De plus, les crèches s’occupent des tout-petits pour que les parents soient plus libres.

Avant ces mesures, on trouvait rarement des crèches pour la garde des enfants de moins de trois ans et le gouvernement n’entreprenait pas assez pour faciliter la réinsertion des femmes au marché du travail.

Dans les régions rurales en particulier, les mères étaient souvent dépendantes de leur famille lorsqu’elles voulaient recommencer à travailler après la naissance de leurs enfants. S’il n’y avait pas de grands-parents disponibles pour s’occuper des enfants, elles étaient obligées de rester à la maison.

La tradition a longtemps joué un rôle important. Une femme qui mettait son enfant à une crèche était une ‘Rabenmutter’ (“mère corbeau”), une mère qui néglige ses enfants. Cette idée saugrenue date de l’après-guerre et même le féminisme des années 70 n’a pas réussi à la faire disparaître entièrement.

En 2007, la ministre de la famille Ursula von der Leyen fait prendre un tournant radical à la politique familiale, faisant débat au sein de son parti chrétien-démocrate et de la société toute entière. Des représentants de l'Église catholique, comme l’évêque Walter Mixa, ont fortement critiqué cette politique qu’ils percevaient comme hostile à la famille, antisociale et réduirait les femmes à la seule fonction d’accoucher des enfants. D’autres ont vu des parallèles entre les nouvelles mesures d’Ursula von der Leyen et la garde des enfants dans l’ancienne RDA. Certains de ses collègues lui ont reproché de trahir les idéaux chrétiens du parti. Malgré ces débats houleux, le projet fut adopté et mis en action avec succès.

Les jeunes familles profitent aujourd’hui des aides gouvernementales et des Kitas (crèches) qui se sont formées partout en Allemagne après l’adoption de l’ensemble de mesures de la politique familiale. Il est devenu beaucoup plus simple d’être mère et de travailler.

Aujourd’hui, plus personne ne critique réellement ce mesures. Même si à l’étranger, l’Allemagne semble toujours être le pays des femmes au foyer, beaucoup de choses ont changé au cours des dernières années. Les crèches font partie intégrante de la vie quotidienne des Allemands. Et une nouvelle tendance se manifeste : de plus en plus de pères décident de rester à la maison. 12,4% des demandes pour la Elternzeit sont faites par des hommes.

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