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L'école en Allemagne en quête du bon rythme

La question des rythmes scolaires n’en finit plus d’alimenter les débats sur l’école de demain. En quête de la formule idéale, la France lance en septembre sa réforme pour alléger les journées des écoliers. Chemin inverse en Allemagne où l’école “toute la journée” s’impose dans le paysage scolaire.

Sur le principe, les professionnels de l’éducation de part et d’autre du Rhin sont d’accord. Une réforme des rythmes scolaires est indispensable, que ce soit en France où les journées d’école sont les plus longues d’Europe, ou en Allemagne où les cours se terminent encore souvent à midi, laissant parfois des enfants livrés à eux-mêmes. Deux systèmes éducatifs confrontés au décrochage de plus en plus d’élèves et qui font de l’accompagnement personnalisé et des activités périscolaires les fers de lance de leur politique “d’égalité des chances”.

En Allemagne, l’école “toute la journée” (“Ganztagsschule” en allemand) a fait son apparition il y a dix ans, en réponse à des études internationales catastrophiques pour le pays. Objectif avoué, faire de l’école allemande “un lieu de vie et plus seulement d’apprentissage”, explique Ines Rackow du Sénat de Berlin pour la formation et la jeunesse. Plus des trois quarts des écoles et collèges de la capitale allemande proposent depuis 2010 une école “toute la journée”, un des taux les plus élevés du pays. Au moins quatre jours par semaine, de l’aide au devoir, du soutien personnalisé et des activités sportives et culturelles sont proposés à partir de 13h30. Obligatoires ou disponibles sur demande des parents, ces activités ne sont pas toujours gratuites, une participation pouvant être demandée selon les revenus.

La réforme proposée par le ministre français de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, vise plutôt à soulager les journées des élèves. Avec le mercredi matin en plus dans leur emploi du temps, ils verront leurs journées réduites à cinq heures trente au maximum, auront le droit à une pause le midi d’au moins une heure et demie, et bénéficieront à partir de 15h30 de trois heures d’activités périscolaires réparties dans la semaine. Soutien scolaire, sport, arts plastiques, autant d’activités facultatives et parfois payantes, qui doivent permettre “l’épanouissement personnel de l’écolier” et prévenir l’échec scolaire. Une enveloppe gouvernementale de 250 millions d’euros est prévue la première année pour aider les communes dans la mise en place de la réforme.

Pas de quoi les rassurer pour autant. “La principale inquiétude des communes concerne la pérennisation de ces fonds, elles craignent un transfert des compétences sans transfert des moyens financiers”, fait remonter Pierre-Alain Roiron, président de la commission éducation et culture pour l’Association des Maires de France (AMF). “Certaines écoles vont chercher à grappiller des quarts d’heure pour ne pas avoir à payer des animateurs”, craint déjà Françoise Harl, co-secrétaire fédérale du syndicat SUD Éducation. À Rouen, des personnels de mairie surveilleront simplement les élèves pendant une demi-heure après le goûter.

Outre-Rhin, la question du financement fait aussi grincer des dents. Si les quatre milliards d’euros, investis en 2003 par le gouvernement fédéral dans les infrastructures scolaires, ont permis le développement des écoles “toute la journée”, la rémunération des personnels et l’organisation des établissements restent des compétences du Land. “L’école doit faire oublier les différences de richesse et donner une chance aux familles plus pauvres”, espère Matthias Anbuhl, chef du service chargé de la politique éducative pour la confédération syndicale allemande DGB. L’école “toute la journée” doit même devenir selon le syndicat un “droit” pour les familles d’ici 2020, y compris en Bavière qui en compte très peu comparé au reste du pays. De quoi permettre également aux parents d’élèves de “concilier vie professionnelle et vie de famille”, estime Tobias Funk, secrétaire de la conférence des ministres allemands de l’Éducation. Actuellement, la moitié des femmes actives travaillent à temps partiel pour s’occuper de leurs enfants l’après-midi.

Véritable enjeu de société, la réforme des rythmes scolaires tâtonne encore dans les deux pays. Seuls 20 à 25 % des écoliers français découvriront leur nouvel emploi du temps à la rentrée dans les communes ayant réussi à conclure des partenariats avec les centres aérés et les services sociaux. Un comité de suivi est chargé de repérer les initiatives les plus intéressantes en vue de la rentrée 2014. Toutes les écoles devront alors être prêtes à changer de rythme.

TEXTE : ADRIEN GODET

Source : ParisBerlin

Article original : L’école en quête du bon rythme

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