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Le culte des jeux de société en Allemagne et en France

Traditionnel en Allemagne, le jeu de société connaît une renaissance en France. Reste une différence de taille: les jeux sont moins chers en Allemagne.

Les rayons sont remplis de boîtes jusqu’au plafond. “Nous avons près de mille jeux de société différents”, indique Christian Seipelt, directeur de la boutique Spielbrett de Berlin-Kreuzberg. Même un lundi matin, les clients ne manquent pas. “Le jeu de société en famille est quelque chose de très important en Allemagne. Mais les Allemands n’en ont pas vraiment conscience. Ils croient souvent que c’est comme ça partout.” Avec ses grands éditeurs, dont le mythique Ravensburger, et le Prix du jeu de l’année, Spiel des Jahres, l’Allemagne est restée pendant longtemps le paradis des amateurs de jeu, même de l’autre côté de la frontière.

“Il y a quinze ans, c’était le modèle pour les joueurs français”, témoigne sous pseudonyme Monsieur Phal, rédacteur en chef du site d’information sur les jeux Tric Trac. “Il n’y avait presque pas d’éditeurs en France. Nous allions nous fournir en Allemagne, dans les salons et au festival des jeux d’Essen, l’une des plus grandes foires de jeux du monde, rendez-vous incontournable des amateurs, et nous traduisions les règles nousmêmes. Aujourd’hui, les amateurs sont devenus des éditeurs. Ils proposent des versions françaises. Et les sociétés allemandes transposent leurs jeux.” De nombreux titres qui font le bonheur des Français viennent encore d’outre-Rhin. “La plupart de nos jeux ont été conçus en Allemagne”, expliquent Delphine et Nicolas, 29 et 31 ans, joueurs réguliers à Paris. “Comme Bohnanza, où il faut planter des haricots, Bour- sicocottes (Kuhhandel en version originale, une foire aux bestiaux) ou le 6 qui prend (6 nimmt !). Celui-ci est très à la mode en ce moment ici, mais il a été conçu en 1994 en Allemagne.”

Un bien culturel

“Les Allemands jouent plus en famille. Ici, plutôt entre amis”, résume Monsieur Phal. “Mais depuis une dizaine d’années, il y a de plus en plus de joueurs en France, et pas seulement des spécialistes. Le monde francophone rattrape l’Allemagne en termes de pratiques ludiques et au niveau des auteurs et éditeurs.” Certains, comme Asmodée ou Gigamic, talonnent maintenant ceux d’outre- Rhin. “Les jeux francophones ont le vent en poupe”, assure le passionné. 7 Wonders, par exemple, sorti en 2010 par une société belge (Repos production) et un auteur français, est devenu entre-temps un succès mondial. Une des raisons du nouvel élan du secteur en France, c’est le prix, selon Monsieur Phal, plus élevé que chez le voisin: “En Allemagne, un jeu a le droit d’avoir quatre distributeurs différents. Ils se font concurrence et ça fait pression sur les prix. En France, un seul est autorisé. Ce qui maintient le prix à un niveau plus élevé. Les jeux sont plus chers, mais en conséquence, la branche se porte bien et se développe.” Un jeu de plateau coûte en effet 25 à 30 euros en moyenne en Allemagne. C’est en général dix de plus en France. “Mais le Français accepte de mettre 40 euros dans un bon jeu”, estime Monsieur Phal. “C’est un peu comme avec la nourriture”, juge aussi Christian Seipelt. “J’ai l’impression qu’en France, le jeu est considéré comme un bien culturel de valeur.”

Party games et classiques

Le secteur qui se développe le plus en France reste toutefois celui des jeux grand public, à coût plus modéré, environ 20 euros. “Ce qui marche, ce sont les party games, où on s’amuse. Ils durent 15 à 30 minutes, pas plus, comme Jungle Speed, Time’s up ou Les Loups-Garous de Thiercelieux”, explique Monsieur Phal. “Ils ont un succès colossal, avec 100 000 exemplaires vendus par mois contre 5 000 en moyenne en général. L’autre branche en essor, c’est le jeu pour enfants. Les éditeurs français s’y mettent.”

En Allemagne, “il y a de plus en plus de jeux très simples et de plus en plus d’autres très compliqués, pour lesquels il faut de la patience au début”, rapporte Birgit Nößler, membre du jury du Spiel des Jahres. Là aussi, la tendance est à la rapidité. “Même plus complexes, ils durent une heure, voire moins”, souligne Christian Seipelt. Mais les classiques gardent leurs fidèles. Le jeu de pion français Abalone, par exemple, sorti en 1998, marche toujours en Allemagne. Et pour Delphine et Nicolas, “le Taboo (1990) et le Pictionnary (1993) fonctionnent encore très bien en soirée.”

TEXTE : RACHEL KNAEBEL

Source : ParisBerlin

Article original : Sociétés de jeux

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