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L'autopartage en France et en Allemagne : La voiture pour tous à l’essai dans les campagnes

L’autopartage a-t-il un avenir en milieu rural ? En France et en Allemagne, des villages testent ce dispositif afin de limiter l’impact écologique et financier de la voiture et d’accroître la mobilité de leurs habitants.

Claudia Hellenthal ne peut pas se passer de voiture. Pour cette habitante de Freilingen, en Allemagne, un véhicule personnel est indispensable pour se rendre au travail et vivre dans un village de 720 habitants. C’est la curiosité qui a conduit cette mère de famille de 44 ans à tester la nouvelle “voiture du village” (“Dorfauto” en version originale), une voiture électrique en autopartage disponible depuis juillet 2013. “Je suis propriétaire d’un toit photovoltaïque et mon rêve serait de recharger ma voiture avec le courant que je produis et de passer sans m’arrêter devant les stations essence”, indique-t-elle. En deux mois, la voiture a parcouru 1 900 kilomètres et a été utilisée par un public varié de jeunes conducteurs, d’actifs et de séniors, motorisés pour la grande majorité à raison de deux voitures minimum par foyer. Mis à l’essai dans le cadre d’un projet européen, le dispositif fait le pari de l’originalité. Pour utiliser la voiture, les habitants et les visiteurs ont le choix entre acquitter un forfait modique (5 euros pour les 50 premiers kilomètres) ou participer à une action bénévole. Faire un gâteau, repeindre un banc, aider à la préparation d’événements locaux, les idées pour impliquer les autopartageurs dans la vie locale ne manquent pas. Comme 80 % des utilisateurs lors des deux premiers mois de l’expérience, Claudia a choisi de donner un coup de main, et d’aider un couple de retraités à organiser une exposition artistique. Cette spécificité, originale et fédératrice, pourrait constituer le talon d’Achille si la commune décidait de conserver le véhicule. “Nous n’avons pas de coûts durant la phase de test”, précise Simone Böhm, la maire du village à l’origine du projet. “Mais dans la pratique, il faudra voir comment financer l’ensemble et si l’on peut conserver l’option du bénévolat”.

À 700 kilomètres de là, les 4 000 habitants de Pélussin, en Haute-Loire, s’essayent aussi depuis juin à l’autopartage en milieu rural. C’est la première initiative du genre en France, lancée par la Maison de la mobilité du Pilat (MOPI). La réservation du véhicule, garé devant l’hôpital, s’effectue par Internet ou par téléphone sur la plateforme d’autopartage rhônalpine Cité lib, organisée en coopérative.

Si la “voiture du village” de Freilingen est principalement utilisée pour les loisirs (virées shopping et cinéma, manifestations sportives), l’autopartage pratiqué à Pélussin répond d’abord à des besoins de mobilité professionnelle. “Les trajets professionnels entre plusieurs structures constituent l’une des raisons d’être du projet”, nous explique la coordinatrice mobilité de MOPI, Rachel Voron. Dans la région du Pilat, située à proximité des bassins d’emplois de Saint-Étienne, Lyon ou Vienne, les coûts liés aux transports sont estimés à 8 000 euros par an pour un actif, et le nombre de kilomètres parcourus par habitant à 28 kilomètres par jour – contre 15 kilomètres pour le secteur urbain.

À Freilingen comme à Pélussin, les projets d’autopartage ont des objectifs ambitieux : impulser de nouvelles dynamiques pour les transports et la vie locale et, dans l’idéal, transformer l’essai en une solution pérenne. Pour Rachel Voron, l’autopartage, le covoiturage, qu’encouragent aussi nombre de collectivités locales, et les solutions de mobilité alternatives à la voiture privative représentent un véritable “challenge” : elles impliquent un changement de comportement et des démarches nouvelles à entreprendre. Cependant, les effets positifs se font déjà ressentir : “Ce qui est intéressant, c’est la réflexion qu’amène la voiture en autopartage : estimer les coûts des trajets par semaine.” Dans les deux cas, on n’attend pas de l’autopartage qu’il détrône le véhicule personnel, mais qu’il puisse servir de véhicule d’appoint, voire d’alternative à l’achat du deuxième ou troisième véhicule. À Freilingen, on espère que la “voiture du village” survivra à l’effet de mode et qu’elle aura un impact sensible sur les habitudes des habitants. Car sans besoin avéré, le financement futur ne pourra être assuré. Claudia conclut, pragmatique : “Vous savez, dès qu’il faut mettre la main à la poche…”

TEXTE : CORALIE MARQUIER

Source : ParisBerlin

Article original : La voiture pour tous à l’essai dans les campagnes

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