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Le Deutsch-französisches Institut (DFI) : une plateforme d'échanges

Le Deutsch-französisches Institut, implanté à Ludwigsbourg, est l’une des plus anciennes institutions franco-allemandes. Il offre un espace d’échange et de dialogue pour les chercheurs et les responsables des deux pays. Essentiellement financé par l’Allemagne, l’institut poursuit ses programmes et s’ouvre aux pays tiers.

C’était en 1948. L’Europe sortait tout juste de la guerre. Le traité de l’Élysée n’était pas encore d’actualité. Mais à Ludwigsbourg, au cœur du Bade-Wurtemberg, quelques hommes de bonne volonté lançaient une initiative pour sceller la réconciliation. Autour de la table : Theodor Heuss, futur président de la République fédérale d’Allemagne, le social-démocrate Carlo Schmid, le journaliste Fritz Schenk, et, du côté français, deux anciens réfugiés qui avaient fui l’Allemagne nazie avant de passer par la Résistance française, Joseph Rovan et Alfred Grosser. C’est ainsi qu’est né, il y a plus de 65 ans, le Deutsch-französisches Institut, l’institut franco-allemand.

“Nous sommes parmi les plus anciennes institutions franco-allemandes qui existent”, rappelle Frank Baasner, directeur du DFI depuis 2002. “L’évolution du DFI est aussi celle de l’histoire des relations franco-allemandes. Dans sa première phase, l’activité de l’institut consistait simplement dans des rencontres entre quelques Français et quelques Allemands. Puis, l’institut a lancé des programmes de recherches et a commencé à faire travailler ensemble Français et Allemands sur des dossiers précis, comme une plateforme d’échanges.” Aujourd’hui, l’institution, toujours indépendante, fait travailler 21 personnes. Parmi leurs missions : l’organisation de colloques franco-allemands sur des sujets politiques, économiques et sociaux. “Nous avons une tâche d’analyse scientifique, mais sur des questions très orientées sur la pratique et la politique, par exemple au sujet du marché du travail transfrontalier”, précise le directeur.

Travail d’expertise

L’institut réalise aussi un travail d’expertise auprès des ministères et des collectivités des deux pays et remplit un rôle d’analyste dans la presse, où les collaborateurs de l’institut interviennent régulièrement. Sans compter la Frankreich Bibliothek de Ludwigsbourg, ouverte en 1990, qui abrite un fonds documentaire en sciences sociales. Le DFI propose des programmes de bourses aux jeunes chercheurs qui veulent s’y rendre pour des recherches sur la France ou les relations franco-allemandes. “Nous accueillons des étudiants polonais, ukrainiens, américains… Il y a un réel intérêt pour la richesse et la complexité des relations franco-allemandes”, indique Frank Baasner. Les bourses actuelles, financées avec le soutien de la fondation Wüstenrot Stiftung Deutscher Eigenheimverein, durent deux mois maximum. Mais un nouveau programme a démarré en octobre pour des séjours plus longs, entre trois et six mois. “L’objectif est d’accueillir des jeunes chercheurs dont les travaux entrent aussi en résonance avec nos propres réflexions”, précise le directeur. Le DFI dispose aujourd’hui d’un budget annuel de près de deux millions d’euros. Le financement vient essentiellement de l’Auswärtiges Amt, le ministère des Affaires étrangères allemand, du ministère de la recherche du Bade-Wurtemberg et de la ville de Ludwigsbourg. Ces fonds publics constituent les deux-tiers du budget. Un dernier tiers vient du privé, de fondations et d’entreprises. “De grandes entreprises alle- mandes donnent régulièrement. Du côté des entreprises françaises, le soutien est plutôt sur projet, comme EDF sur la politique énergétique.”

En coopération avec des fondations françaises

Dans le cadre de projets spécifiques, le DFI travaille aussi en coopération avec des fondations françaises, comme la Fondation de France ou la fondation Robert Schuman. Et c’est aussi uniquement sur des programmes ponctuels que le DFI reçoit des financements publics français. “Après les émeutes de 2005 par exemple, le ministère français de l’Égalité des chances et la chargée allemande de l’intégration ont cofinancé un programme très précis sur le sujet. Mais nous avons préféré ne pas avoir recours à des financements permanents d’institutions ou de ministères français. Car ce n’est pas dans la tradition française de faire financer par le public des institutions tout en leur permettant de rester indépendantes”, explique le directeur. Le DFI est donc plus allemand que français. Et n’a pas d’équivalent direct dans l’Hexagone. “Il n’existe pas d’institution comparable en France. Il y a bien le Cirac (Centre d’information et de recherche sur l’Allemagne contemporaine), mais qui est plus centré sur les questions économiques. Nous avons d’autres institutions partenaires, l’Institut français des relations internationales (Ifri) sur les questions internationales, la fondation Robert Schuman sur l’Europe. C’est pour ça que nous avons créé en 2004 l’antenne de Paris, pour piloter cette coopération avec nos différents partenaires en France”, détaille Frank Baasner. Abritée par l’Institut Goethe, l’antenne de Paris est conduite depuis la rentrée par Friederike Ridegh. “Nous sommes en contact avec le Cirac, le Centre interdisciplinaire d’études et de recherches sur l’Allemagne (Ciera), le centre de recherche Civilisations et identités culturelles comparées (CICC) de l’université de Cergy”, rapporte la jeune femme qui assure que “le DFI est déjà bien présent dans le paysage franco-allemand à Paris.” Autre changement parmi les collaborateurs du DFI cet automne : Henrik Uterwedde, directeur adjoint depuis 1996, prend sa retraite, tout en restant chercheur associé à l’institut. C’est Stefan Seidendorf, actuel responsable des thématiques européennes, qui prend la relève. Mais la continuité reste de mise. L’institut poursuit par exemple ses programmes d’études à destination des journalistes francophones et germanophones. Le dernier séjour de ce type s’est également ouvert aux journalistes du Maghreb. “Le développement actuel de l’institut est de coopérer avec des pays tiers“, souligne Frank Baasner. “Pour expliquer par exemple à des Coréens et des Chinois dans quelles conditions quelque chose comme un livre d’histoire franco-allemand a pu voir le jour.”

TEXTE : RACHEL KNAEBEL

Source : ParisBerlin

Article original : DFI : une plateforme d’échanges

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