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Les « squatts » de Berlin

Les « squatts », il en existe des dizaines sur Berlin. Un grand mouvement d’ouvertures de squatts a eu lieu au début des années 1980. La police allemande avait autre chose à faire que de s’occuper de ces gens qui s’appropriaient des locaux vides (sans doute aussi une certaine “mansuétude” accordée aux berlinois, des droits octroyés ici et pas ailleurs comme l’exemption du service militaire pour les jeunes vivant à Berlin, y provoquant un regroupement détonnant) et laissés à l’abandon. Il en a existé jusqu’à 183… environ.

Et plutôt que d’ouvrir une guerre civile (il y a eu tout de même des épisodes très durs, évidemment réprimés par les forces de police allemande: la fameuse Mauernstrasse (je suis pas sûr du nom, j’ai oublié), la rue entière squattée (environ 50 squatts) et 3 jours d’émeutes violentes en 1993 quand les autorités ont décidées de définitivement mettre fin à cette “exception” berlinoise, à la fin, vous l’aurez compris, la police a gagné), les autorités municipales ont “légalisé” certains de ces immeubles occupés en l’échange d’un loyer au rabais. Il va de soi que le milieu (la scène) s’est déchiré entre les “contre” toute régularisation et les “pour”.

Mais du coup, peut-on encore les appeler des “squatts” ? Ils ne supportent pas de se faire appeler des “communautés” car ce terme a des connotations très péjoratives en allemand. Mais ce ne sont pas non plus des habitations, ni des habitants ordinaires. Il y règne un brin de vie en commun, d’entraide, et de mode de vie autant que de pensée alternative, à l’encontre du capitalisme, de la société de consommation, du sexisme, du racisme (évidemment !), du végétarisme ou végétalisme, etc…

Chaque “squatt” est unique et a ses particularités. On en a vu un tenu par des artistes branchés hébergant au rez de chaussée un bar alternatif, légal et ouvert à tous. On y sert de la bière (bien sûr !) et de la caipirinha (prononcez “caïpirigna”, c’est un coctail brésilien à base de citron vert et de cachassa, on en trouve partout à Berlin et c’est bon !), on y trouve aussi des oeuvres exposées et on a assisté ce soir-là à la projection d’une vidéo tournée sur un autre type de squatt : un squatt d’artistes dans un friche industrielle de Marseille. On trouve beaucoup de français à Berlin, même là on on ne les attend pas. Un autre squatt ? La Yorkstrasse : ici c’est sous forme associative, une asso. loue l’immeuble entier dans lequel les gens vivent dans des petits (!) appartements à 8 ou 9 personnes contenant la cuisine collective, les salles de bains, les salles de sport etc… (merci Tina pour toutes tes explications : interviews et visites disponible en vidéo au CLAJ). Un squatt : Thomas Weissbecker Haus dont le rez de chaussée sert de salle de concert (par exemple chouette petit concert de ska allemand avec de vrais redskins et rude boys sur scène et dans le public), ou, dans un autre encore, un “jardin d’enfants” avec des jeux en plein air, et une petite ferme. On a aussi vu un squatt occupé par des punks tendance “crust” : le Köpi. Bien krado, mais politiquement et culturellement hyper-actif (au vu des affiches collées sur tous les murs de Berlin).

On peut encore trouver ce type de logements dans le quartier populaire de Kreutzberg, où vit une importante communauté turque, kurde, homosexuelle, lesbienne, punk, etc…128 nationalités nous affirme Aurélie. Tous les appartements communiquent, rien ne ferme à clé dans l’immeuble. Comme si on avait jeté les clés par les fenêtres à l’ouverture du squatt il y a de cela 20 ans, comme dans l’An 01. Chaque cuisine, chaque salon, chaque salle de bain et à fortiori chaque couloir est donc considérée comme salle commune. Seules les chambres sont privées.


Sources:

Extraits de l’article du Club Loisirs Action Jeunesse de Brest.

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