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L’architecture de la Königsallee de Düsseldorf : entre histoire et avenir

Düsseldorf, ville détruite à environ 85% durant la guerre, a été, en 60 ans, reconstruite de façon phénoménale. Lors d’une balade dans la ville, le visiteur découvre le charme, une fois, ou bien encore et encore, d’une ville faite d’un mélange d’ancien et de moderne, au paysage historique ou futuriste ; une architecture toujours élégante.

Les parties les plus connues et emblématiques de la ville sont la Königsallee et la vieille ville. L’une des plus modernes et des plus fameuses est le « Medienhafen » (port médiatique), conçu par l’architecte Frank Gehry et d’autres constructions récentes comme les bureaux de la tour NZS Seestern par BDA, le siège de la tour « Arag » de RKW (Rhode, Kellermann, Wawrowsky) culminant à 125 mètres de hauteur, la tour de la LVA (Caisse nationale d’assurances retraite) avec 123 mètres de hauteur, à Rath Platz, les bureaux de la tour Stadttor, construits par Ingenhoven, Overdiek / Petzinka et Pink. Et pour finir, bien que la liste ne soit pas exhaustive, n’oublions pas la Rheinturm ou la tour de la télévision et de la radio, construite entre 1979 et 1982 par Harald Deilmann. Haute de 240,5 mètres, elle offre une vue panoramique sur la ville et ses environs.

La Königsallee (avenue du roi), dite la « Kö », située dans le centre de Düsseldorf, s’appelait auparavant Kastanienallee (avenue de la châtaigne), car l’avenue était bordée de châtaigniers. Elle avait été nommée également Neue Allee, ou bien encore Mittelallee. Mais pendant l’occupation prussienne, le roi de Prusse, se promenant en carrosse, y fut bombardé de crottins de cheval par des citoyens lors de “l’attentat du crottin de cheval” (das Pferdeäpfel Attentat) de 1848. Pour apaiser le scandale, les représentants de la ville la renommèrent en 1851 la “Königsallee”…

Petite histoire de la construction de la Kö

Le traité de Lunéville (1801) ouvrit la voie à la construction de la Kö en 1804, par l’architecte de la cour et ingénieur du bâtiment Caspar Anton Huschberger, le paysagiste Maximilian Friedrich Weyhe et l’hydraulicien Wilhelm Gottlieb Bauer.

Elle abrite aujourd’hui des boutiques de luxe de haute renommée internationale. Les petits commerçants qui s’y étaient autrefois installés furent obligés de la quitter à cause de la hausse des loyers.

A l’extrême sud du canal, où coule la Düssel, se trouvent deux monuments célèbres : la statue du lion symbole de la ville, ou Bergische Löwe, par le sculpteur Philipp Harth (1963) et la fontaine de Triton réalisée par Fritz Coubillier (1902). Le canal fut creusé en 1802 par Caspar Anton Huschberger, après l’approbation du prince électeur Maximilian Joseph. Il a une largeur de 31 mètres, une profondeur de 7 mètres et une longueur de 812 mètres. L’eau s’écoule lentement vers le nord (jusqu’au Triton de Coubillier) et vers le sud, ce qui n’était pas le cas sur les premiers plans établis par les ingénieurs.

L’aménagement de la Kö incombait à Maximilian Friedrich Weyhe. Il suggéra la plantation de châtaigniers, d’où son ancien nom de Kastanienallee. Compte tenu du faible nombre de promeneurs, la forme du boulevard a été choisie de façon à faciliter le recouvrement de l’impôt des douanes. Le mot “boulevard”, hérité du Français, vient de l’Allemand “Bollwerk”, c’est-à-dire “rue construite sur une ancienne fortification de la ville”.

Longtemps, l’avenue n’a été qu’une promenade - jusqu’à ce qu’une poste fut érigée, premier grand bâtiment, en 1831. A l’extrême nord de la Königsallee se trouve la place Cornelius, avec sa fontaine, la Schalenbrunnen, créée par Leo Müsch en 1882 - c’est la plus ancienne fontaine de la ville. Derrière la fontaine se situe le numéro 1 de la Königsallee : l’immeuble de la galerie Kaufhof (auparavant le grand magasin Leonhard Tietz AG) fut dessiné par Joseph Maria Olbrich en 1906, dans le style Art Nouveau.

La Kastanienallee devient une artère principale

La construction de la première gare en 1838, avec la première ligne de chemin de fer de l’Allemagne de l’Ouest, à l’extrême sud de l’avenue, redonna vie à la Kastanienallee : elle devint une artère principale.

Au début du XXème siècle fut construit le premier métro. Par conséquent, les trottoirs furent élargis et les lampadaires, les kiosques ainsi que les cabines téléphoniques remplacées. Les gares et le métro étaient aussi synonyme de tourisme : des restaurants ont donc ouvert leurs portes, ainsi que des hôtels. Une nouvelle forme de gastronomie s’établit : les cafés-terrasse.

L’hôtel Kaletsch

L’hôtel de luxe Kaletsch, situé au 66, fut, jusqu’en 1925, un lieu de haut prestige, fréquenté par la plus haute société. F.W. Kaletsch, un hôtelier débrouillard, savait ce que les Düsseldorfois aimaient et il le mit en œuvre : une extraordinaire maison de maître du Gründerzeit (d’avant la première guerre mondiale) dont les balcons étaient dotés de grilles en fer arquées et peintes en or. L’hôtel possédait un café en terrasse et un restaurant. Il était équipé d’électricité et de chauffage.

En 1905, le célèbre gastronome Karl Albert Mataré le racheta. Il le dirigea jusqu’en 1919. Ce concept des cafés-terrasse venait de Paris fut imité par de nombreux hôtels et restaurants. C’est aussi pour cela que l’on surnomme Düsseldorf le « petit Paris »!

Le cabaret Tabaris

En 1925, les membres de la famille Hemesath de Dortmund devinrent les nouveaux propriétaires de l’hôtel et le convertirent en une immense pâtisserie. En 1929, ils ouvrirent dans le même établissement le cabaret Tabaris. Le Tabaris était la scène des spectacles et des revues les plus osées. Tout le gratin et les artistes les populaires s’y retrouvaient. Il fut entièrement détruit en 1943, mais fut reconstruit en 1947 et redevint un haut lieu de la vie nocturne. En 1959, après avoir été remplacé par un cinéma, le cabaret ferma définitivement ses portes.

Le Breidenbacher Hof

Le Breidenbacher Hof, maison de grande réputation et ancien hôtel de prestige le plus célèbre de la Königsallee, situé au 36, Heinrich Heine Allee, a subi une importante rénovation entre 2006 et 2008. Il accueille des boutiques de luxe, ainsi qu’un hôtel et des bureaux. Sa construction date de 1909 ; elle est l’oeuvre de l’architecte J.M. Olbrich, qui bâtit également la célèbre galerie marchande Kaufhof, située juste en face. L’immeuble du Breidenbacher Hof fut rénové en 1927 par Emil Fahren Kamp.

Le Parkhotel

En 1902 ouvrit également le Parkhotel (aujourd’hui le Steigenberger). Pour satisfaire les goûts et les critères de qualité du moment, que cette maison possédait, une partie du Hofgarten (jardin botanique) fut sacrifiée.

1902, ou la nouvelle somptuosité de la Kö

1902 fut une année de renouveau pour l’Allemagne : la France dédommageait l’Allemagne des dégâts causés par la guerre de 1870, donnant lieu à une vague de constructions prolifiques et souvent chargées. Durant cette période, la Königsallee devint une œuvre de somptuosité.

La partie ouest, qui jusque là s’appelait Canal Strasse, fut rebaptisée Königsallee, dans le prolongement de l’avenue. Le grand magasin Leonard Tietz, situé au Nord de l’avenue royale. J.M. Olbrich, son constructeur, était un célèbre représentant de l’art nouveau.

A partir de 1902, l’avenue fut pourvue d’un nouveau revêtement et des travaux d’embellissement furent achevés : le puits de la fontaine du Triton (dieu de l’eau) est installé, des balustrades sont mises en place. Les Giradetbrücke (ponts Giradet) avec leurs décorations ostentatoires en formes de têtes de femmes furent inaugurés en 1907. Les têtes représentent les quatre éléments : le feu, l’eau, la terre et l’air.

Au sud de l’allée se trouve depuis l’année 1910 une statue en forme de lion. Ce lion ne symbolise pas seulement la force et l’endurance, il est, surtout avec sa queue séparée en deux, l’animal héraldique de la ville, ce symbole étant assimilé aux fondateurs de Düsseldorf. La sculpture qui existe aujourd’hui a été réalisée par Phillip Harth et a été mise en place en 1963.

Une avenue commerçante

Le premier grand magasin de Düsseldorf est également un jalon architectural : beaucoup d’argent fut jeté par les fenêtres pour la construction des façades et à l’intérieur trois cours vitrées, qui reviennent à Otto Engler. Aujourd’hui, seuls quelques détails de la façade monumentale rappellent l’Art Nouveau de ses débuts. La façade fut créée par le sculpteur Johannes Knubel : des reliefs en forme de visages, représentant plusieurs personnes ayant servi de modèles, et des ornements végétaux.

Le bâtiment a été entièrement brûlé pendant la deuxième guerre mondiale, lors d’une attaque à la bombe. Il a été un des premiers magasins à rouvrir ses portes après la guerre. L’éclat du style d’avant-guerre auquel il appartenait est désormais révolu, car l’entrée et la façade ont été modifiées, l’aménagement intérieur et l’éclairage modernisés.

En 1960, un parking au Nord de l’édifice a été construit par l’architecte Wunderlich.

La façade actuelle n’existe que depuis 1985, une façade à laquelle les architectes Dietrich et Hermann ont tenté de redonner le style d’antan.

Le côté ouest de la Königsallee est, depuis les années trente, un quartier de villas, un lieu privilégié de résidences pour les plus aisés. Rapidement, les vitrines le long de l’avenue, longue de 800 mètres, ne trouvèrent plus de place pour étaler leurs trésors. Une solution pour développer le commerce fut trouvée en 1967 avec l’inauguration de la Kö-Galerie. Avec sa façade en métal, elle donna un nouvel accent, plus moderne, à la Kö. Son architecture est souvent remarquée pour sa singularité, une recette unique de tradition et de modernité, avec ses immeubles… et sa galerie marchande sur trois étages coiffée d’une coupole en verre.

Le caractère de la Königsallee a été marqué par le commerce de détail.

Après 1900, le tramway servait à des fins commerciales, au-delà de la distribution du courrier.

Après la Seconde Guerre Mondiale, la Königsallee reflétait le miracle économique, grâce à ses multiples produits de luxe. Puis les chaînes de magasins internationales se sont installées dans les années 80. Avec ces nouveaux commerçants, il existe aujourd’hui une conception internationale des façades. L’heure de la mondialisation est pour l’avenue synonyme d’opulence, reflétée par ses balcons dorés ou ses bâtiments tout en hauteur. L’évolution des habitudes de consommation et de styles de vie ont assuré et continuent d’assurer la mutation de la Königsallee.

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