La „Reeperbahn“ – Beaucoup plus que du sexe!

Le 26/02/2008 |  par Claudia,  dans « Hamburg »

Si l’on demandait aux allemands quels mots ils associent à la Reeperbahn, beaucoup d’entre eux répondraient : sex-shops et maisons closes. Ce n’est pas pour rien que la Reeperbahn a obtenue le surnom «die sündige Meile », l’avenue des pêchés. Mais cette rue de 930 mètres, située dans le quartier de St. Pauli à Hambourg offre plus que du sexe. Saviez-vous que les Beatles ont commencé leur carrière dans le „Star-Club“ ? Et que l’un des premiers cinémas en Allemagne était celui de Eberhard Knopf sur le Spielbudenplatz ?

Une histoire mouvementée Au début du 17ème siècle, le quartier St. Pauli fut fondé sous le nom « Hamburger Berg ». Les asociaux ainsi que les corps de métiers bruyants et pollueurs s’y implantèrent. Mais un autre métier également s’y installa : les producteurs de cordes et cordages (Reep), les « Reepschläger » qui avaient besoin de beaucoup de place pour faire sécher leurs produits. Dès la fin du 17ème siècle, les cabarets commencèrent à coloniser l’endroit. C’est en 1899 que ce quartier fut rattaché à la ville de Hambourg. Quelques décennies plus tard, des baraques de bois (« Buden ») sur le Spielbudenplatz furent remplacées par des édifices solides dans lesquelles s’installaient théâtres, music-halls et buvettes. Les « opérettes d’Hambourg » (Hamburger Singspiele), mais aussi des opéras de Richard Wagner furent joués ; à la Volksoper chantait entre autre le ténor Richard Tauber. Proche du port, le quartier devint un melting-pot culturel.

Pendant le 3ème Reich, les Nazis n’arrivèrent pas à interdire les cabarets, mais imposèrent tout de même des interdictions. La prostitution fut interdite partout sauf sur la « Herbertstraße », une rue pour les hommes célibataires sur laquelle 250 prostituées travaillaient. Pour éviter des coups d’oeil des autres passants, des murs furent érigés aux deux extrémités de la rue. Ces barrières de bois sont restées jusqu’à aujourd’hui, interdisant l’accès des femmes et des adolescentes.

Le « Kiez » d’aujourd’hui Aujourd’hui, le quartier chaud attire non seulement 25 millions de touristes par an, mais aussi des autochtones, explique Corny Littmann, le directeur du théâtre Schmidts Tivoli dans l’émission « Tracks » d’ARTE : « Pendant longtemps, la Reeperbahn était une rue boudée par les habitants de Hambourg. Dans les 15, 20 dernières années, ça a radicalement changé. » À côté des sex-shops, on trouve de tout : des discothèques, des bars, des vendeurs de kebabs et des restaurants asiatiques – et bien sûr le club de foot « St. Pauli ». Operettenhaus, Schmidts Tivoli, St. Pauli Theater, Fliegende Bauten ou encore Pulverfass proposent des comédies, du théâtre de variété et même des spectacles de travestis. Le poste de police « Davidwache » qui jouait un rôle dans plusieurs reportages se trouve au cœur du « Kiez » (expression locale pour le quartier autour de la Reeperbahn) – Certainement une excellente idée au vu du taux de criminalité élèvé…

Festivals et actualités Du 21. au 23. septembre 2006, le « Reeperbahn Festival » se déroulait pour la première fois. Le deuxième grand évènement du quartier, c’est le « Schlagermove » qui attire 500 000 personnes chaque été. A noter en particulier l’anniversaire du port en mai et le Hamburger Dom, une foire qui est tenue trois fois par an. Les fans des musicals sont invités à visiter « Ich war noch niemals in New York » d’Udo Jürgens qui est joué au Operettenhaus depuis trois mois. Pour les gourmands on peut recommander le St. Pauli Nachtmarkt chaque mercredi de 16 à 23 h sur le Spielbudenplatz.

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