Le site pratique des francophones en Allemagne

Allemagne : Le pays où les enfants ne sont plus rois

Peut-on vivre heureux sans enfants? À en croire le rapport publié en décembre dernier par l’institut fédéral pour la recherche démographique, de plus en plus d’Allemands le pensent.

Agnieszka, 33 ans, attend son deuxième… et dernier enfant. “Deux, ça suffit !” s’exclame la jeune femme qui travaille comme gestionnaire dans une boîte de production berlinoise.

Et pourtant, deux enfants, c’est déjà presque une exception en Allemagne. Outre-Rhin, les familles nombreuses sont en voie de dis- parition. Depuis 1975, le taux de natalité oscille entre 1,24 et 1,45 enfant par femme et rien ne semble indiquer que cela change dans les années à venir. Selon le rapport de l’institut fédéral pour la recherche démographique, donner la vie et fonder une famille devient de moins en moins attractif aux yeux des Allemands. Plus de la moitié des 18 à 45 ans sans enfants estiment qu’un rejeton ne les rendrait pas plus heureux. Comment expliquer ce faible désir d’enfants ? L’étude avance avant tout des raisons structurelles et culturelles. Pour les Allemandes, concilier travail et enfants reste une gageure: l’accès à la prise en charge des enfants en bas âge, notamment dans l’ouest du pays, est difficile et le regard de la société allemande sur les mères qui travaillent est encore et toujours négatif.

L’image de la “Rabenmutter”, mère-corbeau qui confie ses enfants à l’État ou à des institutions privées est omniprésente, en particulier dans les anciens Länder, où 63% des personnes interrogées dans le cadre de cette étude estiment que les enfants en bas âge peuvent pâtir du fait que leur mère travaille. Dans l’est du pays, où le travail des mères était accepté et favorisé du temps de la RDA, ils ne sont que 36 % à partager ce point de vue. Agnieszka, qui entend bien reprendre le travail au plus tard un an après la nais- sance de son bébé, le confirme: “Dans le Bade-Wurtemberg où habite mon frère, toutes les mamans restent au moins trois ans à la maison, alors qu’ici à Berlin, un congé de maternité d’un an, c’est la norme. J’ai rarement entendu des remarques désobligeantes ou alors seulement de la part de Souabes qui habitent dans le quartier bran- ché de Prenzlauer Berg à Berlin!” raconte- t-elle dans un éclat de rire.

La peur d’échouer

Il n’en reste pas moins que cette perception du rôle de la mère et de l’importance qui lui est accordée dans l’éducation des enfants conduit en particulier les femmes hautement qualifiées à tirer un trait définitif sur la maternité, selon le directeur scientifique de l’institut fédéral pour la recherche démographique, Jürgen Dorbritz. “L’autre raison”, explique-t-il, “c’est que les attentes vis-à-vis de la parentalité en général sont très importantes et que beaucoup de jeunes gens craignent de ne pas être à la hauteur”. D’autant que la fenêtre de lancement pour procréer est particulièrement étroite en Al- lemagne, où l’entrée dans la vie active est tardive. Résultat, entre 30 et 35 ans, “tout arrive en même temps : le travail, le choix d’un partenaire, la décision de fonder une famille”, explique M. Dorbritz, “et si toutes les conditions ne sont pas réunies et optimales, on préfère se décider contre un enfant.” Seulement, à ce rythme, le pays le plus peuplé de l’Union européenne avec ses 82,5 millions d’habitants pourrait se voir détrôné par la France d’ici à 2055. Avec des consé- quences économiques et sociales importantes: en 2060, un Allemand sur trois aura plus de 60 ans et la population active aura baissé de 21 % par rapport à 2012.

Ces dernières années, plusieurs mesures phares ont donc été mises en œuvre pour inciter à la procréation, notamment le salaire parental qui garantit aux jeunes mères jusqu’à 67 % de leur salaire durant un an à compter de la naissance. Seulement, “personne ne peut s’attendre à ce que quelques mesures de politique familiale changent les mentalités, car pour cela il faut du temps”, estime M. Dorbritz.

Et comme le souligne le rapport, il faut avant tout une politique familiale “globale, sans contradiction et stratégique” pour y parvenir. Or, l’État allemand continue d’envoyer des signaux favorisant le rôle traditionnel de la mère au foyer. Ainsi, l’année 2013 sera marquée par l’entrée en vigueur d’une nouvelle allocation surnommée par ses détracteurs la “prime aux fourneaux”. À partir du 1er juillet, les mères qui décide- ront de rester à la maison pour s’occuper de leurs enfants de moins de 3 ans percevront 100 euros par mois.

La France, modèle de politique familiale

Wenn es einen Bereich gibt, in dem sich Frankeich als Modell rühmen kann, ist das die Familienpolitik. Laut Dr. Jürgen Dorbritz, wissenschaftlicher Di- rektor des Bundesinstituts für Bevölkerungsforschung, könnte sich Deutschland davon vor allem in zwei Dingen inspirieren lassen: Zum einen, was die Akzeptanz der Vereinbarkeit von Arbeit und Familie betrifft. In Frankreich ist das „der normale Lebensweg. In Deutschland wird man schief angeschaut, wenn man ihn wählt“, erklärt Dorbritz. Frankreich verfolgt seit mehr als einem Jahrhundert eine geburtenfördernde Politik und regt junge Erwachsene dazu an, Kinder zu bekommen, was in Deutschland nicht mehr der Fall ist. „Es wird viel Geld über das Ehegattensplitting an verheiratete Personen transferiert, ob sie nun Kinder haben oder nicht. Hier ist Frankreich ein Vorbild, da es ein Kindersplitting hat und das Geld dorthin transferiert wird, wo auch die Kinder sind.“

TEXTE : ANNE MAILLIET

Source : ParisBerlin

Article original : Le pays où les enfants ne sont plus rois

Vous avez une question ? Contactez notre équipe d'experts.

Assurances, finances, impôts ou retraite en Allemagne :

Contactez notre expert partenaire Thomas Desray, Conseiller financier >

Conseils juridiques en Allemagne :

Contactez notre expert partenaire Daniel Jansen, Avocat franco-allemand >

Emploi, stage ou V.I.E. en Allemagne :

Visitez Connexion-Emploi, le site emploi franco-allemand de référence >

Autre question ? :

Pour toute autre question, n'hésitez pas à utiliser le formulaire de contact suivant, afin que nous puissions vous aider dans vos démarches ou mieux orienter vos recherches.