La pauvreté chez les enfants entre dix et douze ans en Allemagne

Le 26/02/2008 |  par Elsa,  dans « actualités / presse »

La pauvreté chez les enfants en Allemagne a longtemps été tue. Pourtant, ils seraient encore aujourd’hui entre 2,5 et 3 millions à vivre dans des conditions égales à celles d’un élève du quart monde. L’aide sociale qui leur est accordée est loin d’être suffisante.

La pauvreté est dans leur existence comme une spirale dont le système scolaire ne parvient pas à les faire sortir : au contraire. Ainsi, la plupart viennent de familles déjà modestes, ayant elles-mêmes un niveau d’éducation moyen, les parents ne motivent donc pas leurs enfants pour apprendre et s’en tirer. Le manque de revenus prive les plus jeunes d’argent de poche, de transport, d’activités sportives et culturelles, il les marginalise.

La pauvreté engendre aussi des problèmes de santé (fatigue, mauvaise alimentation, difficultés de concentration, voire troubles psychomoteurs et du langage). La conséquence est la suivante : beaucoup sortent de l’école sans diplôme. Les enfants d’immigrés sont aussi, en très grande majorité, touchés. Leurs parents possèdent des revenus très bas, qui font d’eux des personnes défavorisées. Par ailleurs, ils feraient face à des difficultés d’intégration causées par leur statut d’enfants d’immigrés et des problèmes d’apprentissage de la langue.

Les enfants marginalisés grandissent avec un sentiment d’infériorité, le sentiment que les meilleures chances ne leur sont pas accessibles. Les organisations humanitaires, comme l’Unicef, ou d’autres association de lutte contre la pauvreté des enfants en Allemagne (la Bündnis für Kinder, le Deutsches Kinderhilfswerk, Chancen spenden, etc) proposent depuis des années des plans d’actions. Récemment, avec la victoire du SPD dans les Länder d’Hesse et de Basse-Saxe, des mesures contre la misère des enfants devraient être fermement mises en place dans ces régions.

Selon la définition de l’Union Européenne, être pauvre signifie devoir vivre avec à peu près 730 euros par mois. 230 000 familles seraient touchées dans l’Hesse, dont 80 000 ayant des enfants à charge. Ce sont donc à peu près 320 000 personnes et 130 000 enfants qui y vivent de l’aide sociale, selon les chiffres du SPD. Le parti tire également la sonnette d’alarme en ce qui concerne les inégalités sociales qui vont en s’accentuant. Il critique le plan précédent de Koch (CDU) « Operation sichere Zukunft » (l’opération sécurité pour le futur) en 2003, qu’il qualifie de « cynique », comme étant la cause de cette situation grave. Cynique car la sécurité n’était réservée qu’à une seule catégorie de la société : ceux qui étaient déjà privilégiés. De plus, il affirme qu’aucunes mesures n’ont été prises pour enrayer la pauvreté parmi les plus modestes, au contraire. La suppression d’aides sociales, l’accentuation de la marginalisation des élèves, l’augmentation des taxes étudiantes, la baisse de prestations sociales et la passivité face au chômage chez les jeunes : tous ces éléments auraient favorisé le clivage entre les pauvres et les plus riches. Le SPD a donc mis en place un programme dans ce Land, un programme qui, en plus de privilégier les aides sociales, met en place une éducation alimentaire et sanitaire ; il prévoit également de lutter contre le chômage, véritable bête noire chez la jeunesse actuelle. En Bavière de l’Ouest, Land qui se prépare pour les élections en début du mois de mars prochain, le candidat Joachim Wolbergs, propose le projet « Kinderchancen » (donner des chances aux enfants).

Le système scolaire allemand, à l’heure actuelle, perpétue les inégalités. Il ne contribue pas à les enrayer. C’est l’un des rares pays dans lequel la situation des parents et le quartier dans lequel l’enfant vit influencent autant sa scolarité. Les jeunes venant de milieux modestes ne sont pas orientés vers des lycées, même si leurs notes sont égales à celles de leurs camarades plus aisés. En ce qui concerne les enfants d’immigrés, la barrière de la langue reste toujours un obstacle et peu de chances leur sont offertes de la franchir.

Selon l’étude Pisa, qui a été effectuée en 2003 dans 41 pays, aucune autre région du monde ne traite aussi mal ses enfants issus de parents immigrés. Les professeurs doivent reprendre le rôle que beaucoup de parents ne peuvent plus assumer, cependant cela reste insuffisant. Les classes sont surchargées. Le manque de communication à la maison empêche tout épanouissement chez les enfants.

L’orientation vers un « établissement à problèmes » n’est pas vraiment la meilleure solution. Il ne reste que le sentiment d’unité au sein de la famille, afin de garantir à l’enfant assez de sécurité intérieure pour s’épanouir et prendre confiance en lui. Car malgré tout, beaucoup de familles modestes sont unies et font le maximum pour l’avenir de leurs enfants.

Il reste à espérer et à voir si le SPD, le parti de l’égalité sociale, avec l’aide conjuguée des organisations et associations humanitaires, tiendra ses promesses et pourra garantir un avenir meilleur aux enfants allemands d’aujourd’hui, des enfants qui feront sans doute demain la fierté et la force du pays. Le reste de l’Allemagne attend aussi, quant à elle, une amélioration complète de la situation.

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